Une étude sur Ebay...

Publié le par Sith




Six chercheurs ont interrogé pendant deux mois les utilisateurs du site d'enchères. eBay a financé leurs travaux pour mieux connaître ses fidèles.

 
EBAY, le géant du commerce sur Internet, vient d'allonger quelques-uns de ses usagers sur le divan du psychanalyste et chercheur Serge Tisseron. L'auteur de Comment l'esprit vient aux objets vient de rendre les conclusions d'une étude qualitative menée par cinq chercheurs de Paris-X et de Paris-V sur les comportements d'achat sur eBay.
 
Première surprise, les « ebayeurs »­ n'éprou­vent pas nécessairement des plaisirs solitaires. La vente d'un objet sur le site d'enchères est souvent une affaire de famille : le père fait les photos à poster sur Internet, la fille écrit les fiches descriptives et la mère teste les acheteurs. Et lors d'un achat aux enchères, un « rituel du dernier quart d'heure » réunit toute la famille devant l'écran de l'ordinateur familial.
 
Autre découverte des chercheurs, la relation ambivalente des utilisateurs d'eBay, qui balancent entre le rêve et le jeu d'une part et le réel et la négociation financière d'autre part. « Le fait que l'objet découvert sur eBay ne puisse pas être touché mais qu'il soit seulement vu facilite la mise en route de l'imaginaire. Certains sacralisent les objets qu'ils désirent en les voyant sur l'écran et se révèlent surpris par la réalité lorsqu'ils entrent en sa possession », expliquent-ils.
 
Les adeptes d'eBay leur ont parlé des enchères comme d'une invitation à perdre de vue la réalité. « On oublie que c'est vraiment de l'argent », témoignent les ebayeurs. « L'argent n'a plus de valeur. » Ils insistent sur le caractère virtuel de l'argent engagé et de l'objet souvent perçu comme un cadeau au moment de sa réception ! Le rêve peut d'ailleurs tourner au cauchemar en raison de ce mirage. Certains utilisateurs, conscients du risque de dérapage, multiplient les précautions : un montant maximum fixé, une autocensure pour éviter de dépenser plus.
 
« Passer au réel »
 
Les chercheurs ont aussi disséqué les relations entre les utilisateurs lors des transactions. Certains préfèrent ne pas rencontrer le vendeur ou l'acheteur. D'autres au contraire souhaitent « passer au réel ». « Dans ce cas, c'est un moment de»sensorialité* intense, notamment dans le contact olfactif », précise sans rire Serge Tisseron. Autre surprise pour l'équipe de chercheurs, « l'esprit eBay » que le scientifique qualifie de « nouvelle mythologie » est un mélange d'idées libertaires, de principes de convivialité et de morale qui ne demandent souvent qu'à être transgressés, comme par exemple la pratique des « bonnes enchères » qui consiste à ne pas intervenir dans les 20 dernières secondes.
 
Serge Tisseron, bon connaisseur du monde virtuel sur Internet et en particulier de l'univers du jeu, a découvert eBay grâce à ce travail. Il regrette toutefois qu'une seule partie de la recherche ait été réalisée : « J'aurais aimé que l'étude qualitative soit accompagnée d'un volet quantitatif comme c'est généralement le cas pour une étude scientifique. Un questionnaire aurait pu être mis en ligne sur le site mais eBay a estimé que ce n'était pas possible. » La filiale française, qui a dépensé quelques dizaines de milliers d'euros en finançant ce travail, peut s'en tenir à une opération de communication ou remettre la main à la poche pour en savoir un peu plus.

Source : Le Figaro


==> Je suis totalement d'accord sur le fait de considérer un achat sur internet comme un "cadeau" lorsqu'on le reçoit dans sa boite au lettre. Je dirais qu'auparavant, c'était le télé-achat... en fait, ça marche à chaque fois qu'on a une impression d'interactivité...
 

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